J’ai déjà abordé le cas de l’enjeu de l’habitat de la chouette tachetée à deux reprises, un enjeu associé au maintien des vieilles forêts. Paradoxe des paradoxes, dans le territoire de l’ouest américain couvert par le Northwest Forest Plan (NWFP; 100 000 km2 − 24,5 millions d’acres), qui définit les règles d’aménagement pour les forêts fédérales dans lesquelles se retrouve la chouette tachetée, il s’avère qu’il y a aussi un problème de forêts… jeunes! Ici, on fait référence au stade de développement entre la régénération immédiatement après coupe et le moment où le couvert se ferme. Au Québec, ce stade est communément appelé «St-Michel». Trois projets-pilotes de restauration de l’écosystème ont été développés par messieurs Jerry F. Franklin et K. Norman Johnson, respectivement professeurs à l’University of Washington (School of Forest Resources) et l’Oregon State University (College of Forestry). L’implication de ces deux chercheurs s’avère en fait un clin d’oeil à l’histoire, car vingt ans plus tôt ils avaient contribué à l’établissement du NWFP!
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SADF et RADF : Appui massif aux valeurs, des réserves sur l’application et l’efficacité
C’est la conclusion que l’on peut tirer de la lecture du « Rapport de consultation publique » sur la Stratégie d’Aménagement Durable des Forêts (SADF) et le Règlement d’Aménagement Durable des Forêts (RADF) qui a récemment été rendu public. Les consultations en question se sont tenues à l’automne 2010. La SADF et la RADF sont des éléments centraux de la politique forestière qui sera en vigueur à partir du 1er avril 2013.
La consultation a utilisé plusieurs approches afin de pouvoir rejoindre un maximum de personnes. Les consultations organisées par les Conférences Régionales des Élus ont été les plus populaires alors que plus de 900 participants ont été dénombrés. La moins populaire fut celle auprès des communautés autochtones alors que sur les 46 communautés ou organismes autochtones contactés, seulement 7 ont déposé un mémoire.
Quand l’Initiative Boréale Canadienne perd le Nord
Dans le grand débat qui a cours sur le Plan Nord, je suis tombé sur une référence à un sondage de l’Initiative Boréale Canadienne (IBC) qui, selon une porte-parole de cet organisme, « (…) permet de conclure que 81 % des Québécois sont favorables à la protection de 50 % ou plus du territoire du Plan Nord ». Il n’y a pas très longtemps, j’avais présenté le détail d’un sondage sur le caribou qui avait été repris par Greenpeace avec une interprétation plutôt joviale. Je n’ai pu m’empêcher d’aller vérifier ce tout récent sondage de l’IBC et j’ai pu constater qu’il y a certainement une marge avant de « Permettre de conclure… » quoi que ce soit.
Le sondage est relativement court (quatre questions). Ce qui au départ et en soi une glace plutôt mince pour envisager conclure quelque chose. C’est à la première question que l’on demande si la protection de 50 % de la forêt boréale contre toute activité industrielle est une mesure appropriée ou non. Il est cependant bon de noter qu’il y a un préambule à la question. Et que ce préambule mérite, malgré sa longueur, que je le cite textuellement pour que le lecteur puisse se faire sa propre idée.
Quand les chemins forestiers deviennent source de pollution
La nouvelle n’a pas été aussi relayée que celles associées à la chouette tachetée. Et pourtant, son impact potentiel ne touche pas que quelques forêts de l’Ouest américain; c’est toute l’industrie forestière (forêts publiques et privées) des États-Unis qui est menacée. Au début de l’été, trois juges d’une Cour d’appel ont estimé que deux chemins forestiers d’une forêt d’État de l’Oregon, qui drainent l’eau avec fossés et ponceaux, devaient être considérés comme des sources de pollution aquatique. Conséquence potentielle : si la décision n’est pas renversée par la Cour Suprême des États-Unis ou que le Congrès ne légifère pas, tous les chemins forestiers (public et privés) des États-Unis drainant de l’eau seront soumis à l’obligation de détenir un permis du National Pollutant Discharge Elimination System (NPDES) sur la base du Clean Water Act (CWA). Signe de la ferveur politique de ce dossier, en plus de deux groupes de l’Oregon (un public, un privé) demandant à la Cour Suprême d’infirmer cette décision, vingt-six autres États viennent de s’unir pour soumettre un argumentaire (amicus brief) à la Cour Suprême en appui à ces deux recours.
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Fermeture de chemins forestiers : terrain (très) glissant!
Fermer des chemins forestiers serait-il une mesure acceptable en territoire public? Selon une étude réalisée en Ontario et publiée dans le numéro de septembre de la Revue Canadienne de Recherche Forestière, la réponse est plutôt « Non ». Enfin, ça dépend de la façon… Ce qui est sûr, c’est qu’il y a dans cet enjeu un (autre) potentiel casse-tête pour les aménagistes forestiers.
L’étude s’est déroulée en 2007 dans un district (Wawa) du nord-est de l’Ontario. Des décisions pour fermer, limiter l’accès ou « désactiver » certains chemins forestiers ont été prises dans le passé afin de préserver les intérêts économiques de certaines activités récréatives. Le district de l’étude comptait environ 13 000 personnes. Sur les 800 sondages envoyés, 303 ont été complétés. En plus des questions sur l’appréciation des différents moyens de limiter l’accès aux chemins, le sondage comptait plusieurs questions générales concernant des enjeux environnementaux ou forestiers afin d’aider à établir un portrait des répondants.
De la foresterie pour les Hommes
En commençant ce web-journal, j’ai choisi de ne pas coller à l’actualité immédiate. C’est pourquoi il ne faut pas vous surprendre que je puisse revenir sur des éléments d’actualité qui ne soient pas les plus récents pourvu qu’ils s’avèrent une source de réflexion intéressante. Je vais faire référence aujourd’hui à un article publié en juillet dans un « Spécial Forêts » de la revue l’Actualité soit « Forêts : le péril russe » (note : vous allez aussi retrouver dans ce « Spécial » un article sur la Triade et une entrevue avec Richard Desjardins, ce dernier parlant en fait relativement peu de forêts à cette occasion!).
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Sondage sur le caribou et Greenpeace : ou l’art de la lecture sélective
La semaine dernière Greenpeace relayait les résultats d’un sondage Léger Marketing commandé par le Grand Conseil des Cris sur la perception et les points de vue de la population québécoise concernant le caribou forestier. Intitulée « Menaces sur le caribou : Québécois et Cris pour un moratoire sur la coupe forestière », l’annonce laisse entendre que les choses sont très claires dans l’esprit de la population québécoise et qu’il y a unanimité sur les solutions.
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Chouette tachetée : un Plan pour rien?
Plus tôt cette année, je vous avais présenté la problématique de la sauvegarde de la chouette tachetée (Strix occidentalis caurina). Malgré son statut d’espèce menacée depuis 1990 et une diminution drastique de la récolte dans les forêts nationales, sa situation ne s’était pas améliorée. Globalement, on parlait même d’une diminution annuelle de près de 4 % de la population.
Quatre principales causes de ce déclin ont été recensées. Tout d’abord, la perte historique de son habitat (60 % — 88 % entre 1800 et 1990), la présence (même si réduite) de récolte, les feux et, peut-être la variable la plus critique, la compétition avec une autre chouette : la chouette rayée (barred owl, Strix varia). Un Plan final pour la sauvegarde de la chouette tachetée a été déposé le 30 juin dernier. Un Plan dont plusieurs doutent de l’efficacité, mais surtout, après 20 ans de quasi moratoire dans la récolte forestière dans les forêts nationales, pose plusieurs questions sur les efforts qui devraient être consentis pour sauver cette chouette.








