M. Ellwood Wilson : Sylviculteur pour la patrie

Wilson

M. Ellwood Wilson et autres collègues non identifiés. Photo datant probablement des années 1920. Localisation exacte inconnue. (Source: Fonds d’archives de Produits Forestiers Résolu; Numérisation et retouches: E. Alvarez)

Dans la précédente chronique, j’avais fait ressortir le rôle-clé qu’avait joué M. Ellwood Wilson, alors Chef forestier de la compagnie Laurentide, dans l’intégration de l’aviation à la foresterie. Dans la chronique d’aujourd’hui, je vais détailler un peu plus les actions de ce forestier qui a grandement contribué à introduire le professionnalisme dans l’aménagement de nos forêts. Je vais pour ce faire me baser sur des écrits de ce dernier publiés dans diverses revues. Pour cette raison, je vais laisser une large place aux citations (en anglais) pour m’assurer de respecter l’esprit de M. Wilson.

Nous sommes en 1905, l’industrie des pâtes et papiers est alors naissante et M. Wilson vient d’être embauché par la papetière Laurentide. Il fut un des premiers, sinon le premier forestier embauché par une compagnie forestière au Canada. D’une certaine façon, c’est lui qui a « donné la note » pour la suite des choses. Et une bien belle « note » considérant l’hommage que lui a fait la Forest History Society en 1968 (M. Wilson est décédé en 1952) : « Among the handful of professionals who began the practice of forestry in Canada, Ellwood Wilson stands second to none. »

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La Vigilance ou les premiers pas de l’aviation en foresterie

aviation

La Vigilance, le premier avion ayant servi à détecter les feux de forêt sur une base commerciale. Cela se passa en 1919 en Mauricie. (Photo: J. Riopel)

Pour cette reprise automnale, je vais revenir sur une petite découverte faite au début de l’été lors d’une visite au Musée national de l’Aviation et de l’Espace du Canada (Ottawa) et illustrée sur la photo ci-contre. Il s’agit du tout premier avion ayant servi dans la foresterie canadienne (et québécoise par l’occurrence même). Cet hydravion, un Curtiss HS-2L utilisé lors de la Première Guerre mondiale, fut renommé La Vigilance en 1919 en référence à sa nouvelle mission qui allait être de détecter les feux de forêt. C’est à l’initiative de M. Ellwood Wilson, alors Chef forestier de la compagnie Laurentide Corporation Limited que cette première mondiale (dans une optique commerciale) eut lieu en Mauricie. Ce n’était pas le plan initial, mais cette compagnie forestière devint par la suite la première à avoir sa flotte d’avions de brousse ! Petit retour sur cette époque.

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La Forêt à Cœur version automne 2016

automne 2016De retour après ma classique pause estivale avec une toute aussi classique « annonce » préautomnale.

Cet été représenta une assez longue pause dans l’écriture de chroniques, mais certes pas pour le travail sur le blogue ! La seule chose qui n’a pas changé est la structure visuelle d’ensemble. Ce sera peut-être pour l’été prochain. Pour ce retour automnal, je vais vous présenter les principaux changements effectués ainsi qu’un « aperçu » de La Forêt à Cœur cet automne.

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Aménagement écosystémique : une relique au cœur de la politique forestière québécoise

aménagement écosystémiqueJ’ai un attachement particulier à l’aménagement écosystémique : il a presque mis au monde ce blogue! Aux débuts, à l’automne 2010, les chroniques étaient très courtes. En fait, comparativement aux chroniques actuelles, elles auraient constitué une bonne introduction ! C’est pour commencer l’année 2011 que je publiais une chronique plus longue intitulée « La fin de l’aménagement écosystémique ? Leçons de l’aménagement des forêts nationales américaines ». Quoiqu’à l’époque je ne mesurais pas les visites comme je le fais aujourd’hui, je sais qu’elle fut « populaire ». Mais au-delà de sa popularité, j’avais découvert le style de chronique plus approfondie que je souhaitais produire.

Cette chronique eut une suite deux mois plus tard, mais depuis j’ai peu parlé de l’aménagement écosystémique. Une anomalie considérant que c’est un concept central de la nouvelle politique forestière québécoise de 2013. Une anomalie qu’un récent livre (2015) intitulé Federal ecosystem management : its Rise, Fall, and Afterlife me permet toutefois de corriger aujourd’hui.

Le titre de ce livre, me direz-vous, est en phase avec ma chronique de 2011 ! Certes, mais sa lecture m’a permis de constater deux nouveaux points fondamentaux. Tout d’abord, alors que j’écrivais ma chronique de 2011, je n’avais pas réalisé que les jours de l’aménagement écosystémique comme grand concept intégrateur dans l’aménagement des forêts fédérales américaines étaient déjà passés depuis longtemps. Aussi, j’ai pris conscience qu’il était raisonnable de se poser la question suivante : l’aménagement écosystémique a-t-il concrètement existé ? Détails et compte-rendu du livre.

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Les forêts intactes : un concept à enterrer

forêts intactesCela fait longtemps que je n’en ai pas parlé, mais en guise de rappel : je n’ai pas de grand plan prédéfini de sujets de chroniques. Et même à une échelle plus petite, soit celle de la chronique, il m’arrive souvent de la finir sous une forme que je n’avais pas imaginée au départ.

Mon plan de match pour les prochaines semaines était de diminuer ma pile de sujets d’actualité qui s’étaient accumulés depuis le début de l’année alors que je me concentrais sur des dossiers d’histoire forestière. Est arrivé le feu de Fort McMurray qui s’est avéré une occasion de faire une synthèse de chroniques que j’avais produites sur l’enjeu des feux de forêt aux États-Unis. Finalement, alors que j’écrivais ma conclusion en faisant ce qui se voulait un petit lien entre le concept de « forêts intactes » et des idées développées dans ma chronique, cette « conclusion » est devenue le centre d’une nouvelle chronique ! Donc, s’il est aujourd’hui question d’un concept étroitement associé au FSC (Forest Stewardship Council), ce n’était pas mon idée initiale. Mais il faut croire que ça m’inspire !

Le concept de « forêt intacte » vise à maintenir de grands massifs de forêts (500 km2 minimum) « sans interventions humaines majeures ». Pleinement appliqué dans les forêts certifiées FSC par le biais de la Résolution 65, ce concept pourrait avoir un sérieux impact sur l’approvisionnement en bois, des craintes qui seraient toutefois non justifiées selon le président de FSC Canada. Cependant, quels que puissent être ces impacts, mon constat est que ce concept présente trois gros problèmes qui justifient de l’enterrer.

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2016 : annus horribilis pour le FSC ?

FSCDepuis quelques mois l’histoire forestière du Québec a accaparé presque à temps plein mes efforts de recherche et de production de chroniques. Choix assumé, mais qui a eu pour conséquence de voir ma « pile » de dossiers d’actualité s’accumuler ! D’une certaine façon, être détaché de l’instantanéité de l’actualité a du bon, car souvent cela permet de prendre un sain recul face aux évènements. Mais vient un temps où il faut éviter d’avoir trop de recul au risque d’être hors propos ! C’est pourquoi dans les prochaines semaines je vais me concentrer à faire baisser ladite « pile ».

Comme premier sujet je vais m’attarder à l’actualité récente liée au FSC (Forest Stewardship Council), aujourd’hui un acteur incontournable du monde forestier québécois, mais dont le statut pourrait évoluer rapidement dans les prochaines années, voire les prochains mois. En février dernier, un article dans Woodbusiness faisait ressortir les « turbulences » que vivait cette certification au Canada alors qu’elle est passée de 61 millions à 51 millions d’hectares certifiés entre 2013 et 2015. Cela sur fond de critiques de l’auteur, pourtant partisan de la première heure de cette norme, sur la tendance du FSC à se superposer aux pouvoirs publics. En 2016, ces « turbulences » pourraient prendre de l’ampleur.

Tout d’abord, un article récent nous apprenait que le FSC va non seulement être bientôt officiellement rayé de la carte du Lac St-Jean, une région forestière phare s’il en est une au Québec, mais que cela ne s’arrêtera pas là dû à des « amis » du FSC. Aussi, le FSC a vu le mois dernier le programme de certification LEED (Leadership in Energy and Environmental Design) lui faire une infidélité et, finalement, un des plus valeureux partisans du FSC au Québec s’est retrouvé sur la défensive. En bref, entre une tendance à la baisse en superficies certifiées et cette accumulation de « tuiles », 2016 pourrait s’avérer une annus horribilis pour le FSC. Détails…

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Histoire forestière du Québec : deux ères distinctes

èresJe me suis beaucoup investi dans des dossiers d’histoire forestière du Québec depuis l’automne dernier. La Figure ci-dessus en illustre mon résumé-synthèse. Pour cette chronique, je vais tout d’abord vous inviter à suivre le raisonnement qui m’y a amené. Je discuterai ensuite de caractéristiques associées à ces deux grandes ères de notre histoire forestière sur la base de graphiques tirés de précédentes chroniques.

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« Cut and run » : une philosophie gouvernementale ? L’épopée des forêts domaniales

forêts domaniales

«Cut and run — The assault on Canada’s forests» (1983)… je ne saurais dire si ce livre a fait l’expression ou l’inverse!

Je vous ai déjà fait part du fait que lors de ma formation d’ingénieur forestier (1988 – 1992) le volet « histoire forestière » fut peu abordé. À l’obtention de mon diplôme, il m’aurait par exemple été difficile de vous expliquer l’aménagement dans les concessions forestières, même si ces dernières venaient à peine d’être officiellement révoquées en 1987 avec la Loi sur les Forêts. Une des choses que j’avais cependant « apprises » fut que les années 1970 n’avaient pas été de très bonnes années… ou plutôt avaient été de « trop » bonnes années telles qu’imagées par l’expression « cut and run ». Ce n’est d’ailleurs pas pour rien que l’incorporation du rendement soutenu dans la Loi sur les Forêts prit les allures d’une grande avancée.

Dans les années 1970, les concessions forestières étaient toujours très présentes, mais un autre mode de tenure devait progressivement les remplacer et prendre beaucoup de place au cours de cette décennie, soit les forêts domaniales. Leur particularité : contrairement aux concessions qui étaient sous la responsabilité des compagnies forestières, les forêts domaniales étaient directement aménagées par le ministère des Terres et Forêts (MTF). Contrairement aux concessions forestières toutefois, elles ont laissé peu de traces dans la mémoire collective. Pourtant, quand on regarde les chiffres, elles « mériteraient » que l’on se souvienne d’elles, car elles ont probablement eu beaucoup à voir avec l’image du « cut and run » associée aux années 1970.

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