La Loi 67. Cela vous dit quelque chose? Peut-être pas encore… Et le ministère des Ressources naturelles et de la Faune (MRNF) souhaite ardemment que vous regardiez ailleurs pendant qu’il essaie de faire adopter cette Loi qui modifierait la Loi sur l’aménagement durable du territoire forestier (Loi 57) qui entrera officiellement en vigueur le 1er avril 2013. Après tout, pour utiliser les mots du communiqué de presse officiel du 18 avril dernier, il ne s’agit que de « modifications mineures » de façon à « préciser le contenu de la Loi [sur l’aménagement durable du territoire forestier] afin d’en assurer une mise en oeuvre efficace ». De plus, le préambule de la Loi 67 spécifie que « Ce projet de loi a principalement pour objet de préciser les droits et les obligations du ministre des Ressources naturelles et de la Faune et des bénéficiaires de garantie d’approvisionnement relativement à l’octroi de ces garanties ainsi que la nature et les effets juridiques des actes qui en découlent (…) ». Rien de bien méchant a priori, pourtant…
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Plan Nord et foresterie : quand le Plan d’une génération fait fi de ce que les deux précédentes ont bâti
Plus tôt cette année, j’ai produit une chronique intitulée « Un Plan Nord sans Foresterie? » qui faisait suite à un débat sur la place de l’aménagement forestier dans ce grand projet. En mettant un point d’interrogation, je dois avouer que j’avais alors espoir que le colloque de l’Ordre des Ingénieurs Forestiers du Québec du 29 mars dernier (« Le Plan Nord sous le couvert forestier ») allait offrir une perspective plus positive de cette question. J’avais tort. Au fur et à mesure que les conférenciers défilaient, la même constante revenait : il n’y avait rien de spécifique à dire sur l’apport du Plan Nord pour la foresterie. En fait, il n’était même pas clair que ce Plan était au grand bénéfice des régions nordiques! Pour autant, cela ne veut pas dire que la foresterie ne puisse trouver sa place dans le Plan Nord… mais elle devra se la faire!
Pour un peu d’amour dans l’aménagement de nos forêts
L’ouverture de ce blogue il y a 18 mois m’a permis, en particulier, d’alimenter ma réflexion sur l’aménagement de nos forêts publiques. Une réflexion qui m’a convaincu que la direction dans laquelle se dirige cet aménagement n’augure rien de très bon pour nos forêts ainsi que les communautés qui en vivent. En fait, s’il n’y a pas un changement majeur dans la structure d’aménagement, j’entrevois une ère de grande noirceur pour l’aménagement forestier au Québec.
Un Plan Nord sans foresterie?
Le Plan Nord : un projet aux allures pharaoniques pour lequel il serait inutile ici de reprendre tous les chiffres. Par contre, quel est l’impact de ce grand projet sur l’aménagement forestier? C’est sur la base de la question « Le Plan Nord: Comment y trouver son compte? » qu’un débat s’est tenu le jeudi 16 février dernier dans le cadre du congrès annuel de l’AETSQ (Association des Entrepreneurs en Travaux Sylvicoles du Québec). Le choix des débatteurs (M. Pascal Audet — AETSQ, M. Vincent Gerardin — Ph.D. spécialiste en écologie végétale, M. Yves Lachapelle — Conseil de l’industrie Forestière et M. Nicolas Mainville — Greenpeace) promettait quelques flammèches. Et s’il y a effectivement eu des accrochages, on a toutefois pu noter quelques intéressants points de convergence.
Une réforme : mille inconnues
S’il y a une certaine « désaffection » pour le monde forestier, cela n’a pas paru lors du colloque conjoint Kruger – Association Forestière des Deux Rives qui s’est tenu le 18 janvier dernier à l’Université Laval dans le cadre de la Semaine des Sciences Forestières (site web et présentations). Près de 200 participants se sont présentés. Et s’il y avait de « vieux routiers », on retrouvait aussi un très grand nombre d’étudiants. Il faut dire qu’un colloque sur le thème de la réforme forestière, à quatorze mois de sa mise en oeuvre, avait de quoi susciter l’intérêt. Si le colloque a su donner un tour d’horizon des différents enjeux de la réforme, il a aussi fait apparaître une multitude de questions et inconnues qui ne trouveront des réponses pleines et entières qu’à partir du 1er avril 2013.
Et la date est fixe et officielle. S’il semble qu’il y avait un « flottement » quant au moment de la mise en oeuvre de la Loi sur l’aménagement durable du territoire forestier, M. Richard Savard (sous-ministre associé à Forêt Québec) est venu mettre fin à ces spéculations : ce sera le 1er avril 2013. Une annonce fort à propos, car M. Savard ayant été le premier conférencier (et ce fut sa première annonce), cela a permis au cours de la journée de prendre la mesure du temps qu’il restait pour répondre aux défis de cette réforme.
L’aménagement forestier nécessite-t-il un statut professionnel?
Au menu aujourd’hui, une petite réflexion sur la nécessité d’un Ordre professionnel pour encadrer la profession d’ingénieur forestier et, plus largement, l’aménagement des forêts. Cette réflexion fait suite à ma chronique précédente et à ma participation à une soirée de l’OIFQ (Ordre des Ingénieurs Forestiers du Québec) sur l’ouverture de l’Ordre à d’autres professionnels du monde forestier. Sans rentrer dans les détails de la soirée, j’en suis venu à me demander si on ne prenait pas le « problème » sous le mauvais angle. Et si on considérait plutôt l’idée qu’il n’y ait plus d’Ordre professionnel pour les ingénieurs forestiers? Et lorsqu’on s’arrête pour y réfléchir, l’idée n’est pas aussi « horrible » qu’elle pourrait le paraître à priori.
Quel est le rôle de l’ingénieur forestier au Québec? J’ai relu deux références, soit la Loi sur les Ingénieurs forestiers et la description de la profession d’ingénieur forestier dans le plus récent bottin de la Faculté de Foresterie, Géographie et Géomatique (FFGG). Une constante : être ingénieur forestier c’est être sur la ligne de front pour régler des enjeux d’aménagement de l’écosystème forestier. C’est une grosse responsabilité qui peut justifier la présence d’un Ordre professionnel. En pratique toutefois, les choses sont plutôt différentes. Le travail d’ingénieur forestier est tellement encadré par la réglementation que cela rend pratiquement caduque la responsabilité professionnelle. Le respect de la norme, de la règle, agit comme « responsable ». Combien d’ingénieurs forestiers peuvent faire des prescriptions sur les seules bases des meilleures connaissances disponibles et de leur expérience? À ma connaissance, aucun. Un Ordre professionnel est-il justifié dans ce cas?
« À priori ou à postériori? » Une question-clé sur la possibilité forestière sous le regard d’un chef forestier au temps des concessions
Dans le monde du calcul de la possibilité forestière, une grande question, qui revient épisodiquement, est de décider de quelle façon il faut tenir compte des perturbations naturelles. Actuellement, et depuis (au moins) la politique forestière de 1986 (Loi sur les Forêts), la stratégie est de s’ajuster à postériori. Certains chercheurs (ex. : M. Alain Leduc – UQAM) prônent plutôt une prise en compte à priori. Le monde forestier n’a toutefois pas été créé en 1986 et des aménagistes avaient déjà dans le passé réfléchi à cette question et avaient établi une politique simple. Je vais donc maintenant laisser la parole à M. Roland Royer, alors chef forestier de la Consolidated-Bathurst Limitée, qui était à cette époque le deuxième plus important concessionnaire forestier au Québec.
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SADF et RADF : Appui massif aux valeurs, des réserves sur l’application et l’efficacité
C’est la conclusion que l’on peut tirer de la lecture du « Rapport de consultation publique » sur la Stratégie d’Aménagement Durable des Forêts (SADF) et le Règlement d’Aménagement Durable des Forêts (RADF) qui a récemment été rendu public. Les consultations en question se sont tenues à l’automne 2010. La SADF et la RADF sont des éléments centraux de la politique forestière qui sera en vigueur à partir du 1er avril 2013.
La consultation a utilisé plusieurs approches afin de pouvoir rejoindre un maximum de personnes. Les consultations organisées par les Conférences Régionales des Élus ont été les plus populaires alors que plus de 900 participants ont été dénombrés. La moins populaire fut celle auprès des communautés autochtones alors que sur les 46 communautés ou organismes autochtones contactés, seulement 7 ont déposé un mémoire.








