Commentaire

De l’urgence environnementale de rendre la foresterie socialement acceptable — 2 commentaires

  1. Point de vue différent et très intéressant. Cependant, j’ai un problème avec vos explications sur les concepts de citification et d’exploitation historique des forêts. Vous semblez comparer l’exploitation forestière moderne avec celle à laquelle s’adonnait les autochtones, ce qui est un brin fallacieux. Il est impossible de comparer ces deux modes d’exploitation vues les différences par rapport aux moyens techniques et aux superficies exploitées. Je suis convaincu que ceux-ci ne fauchaient pas complètement des hectares de forêt avec de la machinerie pesant des tonnes et qui endommagent les sols. De plus, je ne vois pas en quoi la création de parcs ou de réserves naturelles marque une cassure avec la vision historique de la forêt. Ces milieux naturels sont aménagés (je le concède, assez peu, mais tout de même) pour répondre à des besoins humains, qui sont certes bien différent de ceux des humains ayant vécu au Québec avant l’arrivée des Européens. Cependant, le besoin de récolter des tonnes et des tonnes de bois l’est tout autant. Bref, je comprends que de mettre des pans de forêts entiers sous des cloches de verre ne soit pas nécessairement souhaitable, mais il me semble que ce qui brise davantage le schéma millénaire de coévolution entre humains et forêts est l’exploitation industrielle des forêts. Les changements que celle-ci apporte aux forêts sont bien trop rapides et drastiques pour celles-ci puissent s’y adapter et que l’on puisse réellement parler de co-évolution. Il est manifeste que ce qui représente la réelle cassure avec la vision historique des forêts est bien plus de les considérer comme des usines à bois que de les aménager pour des usages récréatifs.

    • Bonjour M. Bergeron!

      L’humain utilise énormément les produits du bois, et ce, sous de nombreuses formes. La demande mondiale est même en croissance. De plus, dans un contexte où l’on a un défi environnemental de diminuer nos émissions de CO2, miser sur un produit renouvelable comme le bois, qui l’emmagasine, apparaît non seulement comme un choix logique, mais aussi très environnemental. Une société basée sur les produits du bois sera plus durable qu’une société basée sur des ressources non renouvelables.

      À cet égard, que certains ou certaines puissent voir la forêt comme une usine à bois n’est pas un crime en soi. Mais dans tous les cas, la législation et les règles en place font que ce n’est pas le cas. La forêt, surtout la forêt publique, est aménagée dans l’optique de répondre à une diversité de besoins de la société, pas juste la production de bois.

      La grande cassure dont je parle est philosophique. Certes, l’aménagement par le feu que pouvaient faire les humains avant la colonisation européenne répondait à d’autres besoins que la production de bois. Les techniques étaient aussi bien différentes avec la foresterie d’aujourd’hui. Mais la philosophie de base est la même : vivre de et avec la forêt.

      Avec la « citification », on ne vit plus de la forêt. On la regarde. Et même plus : on ne veut pas que les gens vivent de la forêt autrement que pour s’y promener sur une base éphémère (tourisme). Donc, oui, il y a aujourd’hui une grande cassure philosophique dans notre relation avec l’écosystème forestier. Beaucoup plus profonde que celle liée aux objectifs et techniques dans l’aménagement des forêts.

      … Merci beaucoup d’avoir partagé votre réflexion!

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