Commentaire

L’étonnant constat de surexploitation des forêts de la commission Coulombe — 6 commentaires

  1. Bonjour Éric,
    Je suis bien content de voir que le rapport Coulombe est toujours vivant. Je pourrais en dire bien long sur le sujet mais je retiens de Guy Coulombe qu’il faut aller à l’essentiel.
    Comme le diraient les British: La preuve du pudding c’est quand on le mange.
    Je vais donc simplement signaler que la possibilité forestière SEPM, unités d’aménagement, a baissé de 26,5 % entre Coulombe et aujourd’hui, ce qui s’avère supérieur à la recommandation de 20%.
    À bientôt,
    Gérard Szaraz, ing. f.

    • Bonjour Gérard,

      Le « rapport Coulombe » est effectivement très vivant ! Non seulement, de nos jours, on y fait souvent référence, mais il a défini ce qu’est notre foresterie depuis le début du 21e siècle. Sa place dans l’histoire forestière du Québec est indélébile.

      Toutefois, quoique moi-même gourmand, je vois plus une analogie avec un tsunami qu’un pudding pour expliquer la place que ce rapport a prise dans la redéfinition de notre foresterie. Et après presque 20 ans de règne sans contestation, le temps me semble à propos de relire Coulombe et se poser des questions que le tsunami de l’époque n’avait pas permis de poser.

      Le monde et ses valeurs changent aussi. Il y a aujourd’hui beaucoup moins de superficies disponibles à la récolte qu’il n’y en avait il y a 20 ans. Il y a l’écosystémique. Il y a la certification. Bref, il est normal que les possibilités forestières soient à la baisse sur une perspective de 20 ans. Mais il ne faut pas juger le passé avec les yeux et les valeurs d’aujourd’hui.

      Merci du commentaire !

      Au plaisir,

      Eric

  2. Salut Éric,
    Pour ma part le paragraphe qui retient le plus mon attention est le suivant:
     »En conclusion de l’analyse de la quantité, de la qualité et de l’accessibilité de la matière ligneuse, la Commission est d’avis qu’on assiste à une surexploitation ligneuse des forêts du Québec, compte tenu de toutes les autres pressions auxquelles ces forêts sont assujetties, et que cette surexploitation est directement associée au fait que les aménagements sylvicoles, pour une large part, ne sont pas faits de façon adéquate »
    La vérificatrice générale a dévoilé que 56% des plantations qui ont été réalisé dans les forêts publiques du Québec depuis les 30 à 40 dernières années avait perdu leurs attributs de plantation par manque de suivi. Cette déclaration est appuyée par les propres données du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs. C’est une données moyenne pour le Québec mais pour certaines régions se chiffre monte à plus de 70%. C’est pratiquement comme si elle disait que le ministère et par conséquent le gouvernement ont fait faillite dans la gestion de notre forêt publique. Avez-vous seulement une idée de combien de millions de dollars ont été dilapidés par ce laxisme. On pourrait aussi parler de d’autres choix sylvicoles douteux qui sont faits de la part du MFFP concernant la productivité de nos futures forêts. C’est un désastre annoncé. Les investissements consentis pour les travaux de régénérations et d’éducation de peuplement qui constituent le coeur de la productivité forestière des forêts du Québec stagnes depuis des décennies. Pendant ce temps, hormis une baisse immédiatement après le rapport Coulombe, on augmente sans cesse les volumes récoltés dans nos forêts publiques.
    En fonction de ces paramètres, la réponse à la question  »Est-ce que les forêts publiques du Québec sont surexploité » est sans aucun doute OUI.

    • Bonjour Michel 🙂

      Merci de ton commentaire!

      Concernant l’évolution de la possibilité forestière entre 1990 et le quinquennal 2018-2023, je t’invite à consulter un graphique de mon précédent texte.

      Le cas du suivi des plantations est effectivement un enjeu alors que l’on s’apprête à investir dans l’intensification de notre foresterie. Il faudrait qu’il y ait une assurance que les suivis seront faits correctement. Sinon, c’est potentiellement beaucoup d’argent qui aura été mal investi. Concernant les rendements cependant, le Bureau du Forestier en chef est bien au fait de la situation. Leurs résultats préliminaires pour la période 2023-2028 devraient être publiés très prochainement. Ce sera une occasion pour poser des questions à ce sujet 🙂

      Bonne journée!

      Eric Alvarez

  3. Pour ma part, lorsque j’entend les membres de Premières Nations évoqué l’absence de mesures d’harmonisations suffisantes pour convenir de maintenir des forêts nécessaires à la pratique des activités culturelles. Que l’industrie évoque toujours l’argument de la rentabilité pour faire exécuter des pratiques qui honore les principes de la loi. Il apparait très claire qu’il y a une absence d’approvisionnement de bois de qualité et bien situé ainsi qu’un manque de marge de manoeuvre pouvant concilier les enjeux autochtones et ceux des autres utilisateurs. Ce n’est pas un problème de comptabilité technique de quantité de bois mais un problème de structurel tant du MFFP que de l’industrie. Sur papier la forêt est en bon état, sur le terrain les professionnels s’arrachent les cheveux de la tête. Je crois que cette situation va perdurer pendant 20 ans au moins. Le temps que les grands massifs de forêts de qualité soient au rendez-vous de nouveau et encore car les changements climatiques vont bouleverser les prédictions. Ton article échappe l’enjeu écologique, culturel et social que le MFFP refuse d’intégrer dans sa gestion.

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