Un des moments que j’attendais le plus du congrès était la sortie à la Forêt nationale de Colville. Pourquoi? Car suite à l’invalidation par un tribunal des précédentes Planning rules, c’est à la Forêt de Colville que le Secrétaire à l’Agriculture était venu annoncer que le USDA Forest Service, dont il est le patron politique, allait établir de nouvelles Planning rules basées sur le modèle de cette Forêt nationale plutôt que de continuer la bataille devant les tribunaux (rappel : les Planning rules encadrent la production des plans d’aménagement — chroniques sur le sujet). Quelle est la particularité de ce modèle? Cela fait près de dix ans que des projets d’aménagement forestier ont lieu dans cette Forêt nationale de 4 450 km2 sans qu’il y ait de contestations judiciaires. Un exploit dans le monde de l’aménagement des forêts publiques aux États-Unis! À la base de ce succès, l’avènement d’un nouveau paradigme : la foresterie sociale. Un paradigme que je vous invite à découvrir dans cette chronique un peu plus longue que d’habitude… (Vous êtes avisés!)
Archives pour la catégorie États-Unis
SAF 2012 — Carnet de voyage nº 4 : Statistiques et crise forestière
Depuis l’effondrement du marché immobilier aux États-Unis, l’actualité nous rappelle régulièrement à quel point le monde forestier québécois est en difficulté. Mais il ne faudrait pas s’imaginer que la situation au Québec est unique. C’est tout le monde forestier nord-américain qui peine à se remettre de cet effondrement. Des équipes de chercheurs du USDA Forest Service, en collaboration avec des chercheurs universitaires, ont récemment produit une série de quatre rapports pour quantifier l’impact de la crise aux États-Unis. Un des rapports s’est attardé à donner une vision à l’échelle du pays alors que les trois autres couvraient des régions forestières spécifiques (le Nord, l’Ouest et le Sud). Les chercheurs sont venus nous présenter ces rapports dans le cadre d’une série de quatre conférences très courues. Je vous invite donc à découvrir comment nos voisins du sud vivent une crise qui perdure depuis plusieurs années.
SAF 2012 — Carnet de voyage nº 3 : L’écosystème urbain
L’ouverture de ce blogue m’a amené sur plusieurs chemins inattendus. Même si je n’ai fait qu’une seule chronique sur le sujet, la foresterie urbaine est devenue un de mes thèmes favoris, plus particulièrement sous l’angle des services environnementaux que rendent arbres et forêts à nos milieux urbains. Dans le cadre du congrès, j’ai pu dénombrer six séances qui touchaient ces aspects. Bien que je n’ai pas assisté à toutes les conférences (avec 7 à 13 séances concurrentes, il faut faire des choix…), j’ai pu faire un constat : les États-Unis sont vraiment très avancés dans ce domaine! Petite présentation des principaux éléments que j’ai retenus.
SAF 2012 — Carnet de voyage nº 2 : Feux et Premières nations
400 millions $. C’est la somme que le USDA Forest Service a dû trouver cette année pour continuer à combattre les incendies de forêt (budget initial : 500 millions $). Le problème n’est pas qu’il y ait plus de feux, mais qu’ils sont plus intenses. M. Tom Tidwell, le Chef du USDA Forest Service a illustré ce fait d’une anecdote. Cette année, son organisme a perdu un laboratoire au Nouveau-Mexique dans un incendie de forêt. Il y a 10 ans, nous a-t-il rappelé, il y avait déjà eu un important incendie de forêt dans cette région qui avait menacé ce laboratoire. Ce feu avait brûlé une superficie de 190 km2 en 7 jours. Cette année, le feu a brûlé une superficie presque équivalente en 7 heures! C’est pourquoi la politique est d’investir un maximum pour contrôler les feux dès le départ (attaque initiale), faute de quoi ils deviennent souvent hors de contrôle.
SAF 2012 — Carnet de voyage n°1 : Messieurs Pinchot et Piché
M. Gifford Pinchot est un monument du monde forestier américain. Il a été le premier Chef du Service forestier du USDA Forest Service au début du siècle dernier, il a fondé l’École forestière de Yale, la Society of American Foresters… la liste de ses accomplissements est assez longue. Il est le « père spirituel » de l’aménagement forestier dans les Forêts nationales et à voir la fréquence avec laquelle il fut cité dans le congrès, il est clair que tous les forestiers américains lui vouent une grande admiration. En signe d’hommage, il y a naturellement une Forêt nationale à son nom et, parmi les organismes qui se réclament de son héritage, citons le Pinchot Institute For Conservation qui fut fondé par le fils de M. Pinchot il y a plus de 50 ans afin de promouvoir la conservation et l’aménagement durable des ressources naturelles. Signe « tangible » de la valeur de ses enseignements, un des livres de M. Pinchot – A primer on forestry – se vendait à plus de 100 $ dans le cadre de l’encan silencieux du congrès, soit un des montants les plus élevés parmi les objets mis à l’enchère.
SAF 2012 – Carnets de voyage
Du 24 au 28 octobre dernier avait lieu le congrès annuel de la Society of American Forester (SAF) à Spokane (État de Washington) sous le thème Resilient forests. C’était ma première expérience de congrès sous l’égide de cette organisation. Je m’attendais à un gros congrès et je n’ai pas été déçu. Il y avait un peu plus de 1 500 congressistes, près de 80 exposants et 130 affiches. À souligner aussi la présence d’un Quizz Bowl très couru ainsi qu’une foire aux emplois. Ma surprise est venue du fait qu’un aussi gros congrès annuel à côté de chez nous semble passer inaperçu ici. Il s’agit pourtant d’un congrès de forestiers professionnels comprenant trois jours de conférences, dont deux jours avec sept à treize sessions concurrentes (frustrations garanties!) et plusieurs sorties pré- et post- congrès. Si vous voulez un bon aperçu de l’état du monde forestier aux États-Unis, c’est le bon endroit! Pourtant, au cours de mes années à l’Université, je n’ai pas de souvenirs que ce congrès fut publicisé ou mis en valeur. Cette année, j’ai pu noter la présence d’affiches de deux étudiants chercheurs de l’Université Laval, mais ce fut tout ce que j’ai pu observer de la « délégation » québécoise.
L’aménagement forestier à Fort Apache
J’inaugure avec cette chronique une nouvelle série en ajout aux trois déjà existantes (grands dossiers, éditoriaux et comptes-rendus). Intitulée « Études de cas » elle regroupera des chroniques mettant avant tout l’accent sur le « comment » de l’aménagement plutôt que les enjeux politiques. C’est donc une série plus technique que les autres et dont la mission est de partager différentes expériences en aménagement forestier pour que chacun-e puisse y tirer ses « leçons ».
Pour cette première chronique de la série « Étude de cas », je vais vous ramener dans le sud-ouest des États-Unis, plus spécifiquement dans la Réserve amérindienne de Fort Apache en Arizona. Lors de ma précédente chronique touchant ce territoire, il avait surtout été question de l’impact positif de l’aménagement forestier des Apaches pour arrêter un important incendie de forêt (Wallow fire). L’entrevue d’un aménagiste (M. Randy Fuller) du Bureau of Indian Affairs (BIA) responsable à Fort Apache, dans l’édition de juillet du Forestry Source, s’est donc avérée le prétexte parfait pour entamer ma nouvelle série de chroniques!
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Les Planning rules : 30 ans plus tard
C’est dans l’espoir qu’elle représente le dernier chapitre d’une longue saga, que le USDA Forest Service a publié le 23 mars dernier la version finale de la Planning rule qui encadrera la production et la révision des plans des différentes Forêts nationales des États-Unis. Comme le mentionne le USDA Forest Service, cette nouvelle version des Planning rules est le fruit de 30 ans d’expérience dans la planification de l’aménagement des Forêts nationales. Je ne reviendrai pas ici sur les détails de cette saga que j’ai déjà eu l’occasion de traiter dans de précédentes chroniques. Je vais plutôt m’attarder sur les points centraux de la Planning rule 2012 ainsi que sur les points qui sont le plus susceptibles d’amener une réflexion sur l’aménagement des forêts publiques québécoises.