{"id":2207,"date":"2014-05-16T13:08:08","date_gmt":"2014-05-16T17:08:08","guid":{"rendered":"http:\/\/laforetacoeur.ca\/blog\/?p=2207"},"modified":"2016-12-20T11:08:53","modified_gmt":"2016-12-20T16:08:53","slug":"histoire-forestiere-canada-suivent-ressemblent-pas","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/laforetacoeur.ca\/blog\/histoire-forestiere-canada-suivent-ressemblent-pas\/","title":{"rendered":"Les histoires foresti\u00e8res du Canada se suivent, mais ne se ressemblent pas"},"content":{"rendered":"<div id=\"attachment_2210\" style=\"width: 388px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"http:\/\/laforetacoeur.ca\/blog\/wp-content\/uploads\/2014\/05\/forest-land_lrg.png\" target=\"_blank\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2210\" class=\" wp-image-2210 \" style=\"border: 1px solid black;\" src=\"http:\/\/laforetacoeur.ca\/blog\/wp-content\/uploads\/2014\/05\/forest-land_lrg.png\" alt=\"Les terrains forestiers au Canada en 2001 (Source: Inventaire forestier national du Canada)\" width=\"378\" height=\"274\" srcset=\"https:\/\/laforetacoeur.ca\/blog\/wp-content\/uploads\/2014\/05\/forest-land_lrg.png 600w, https:\/\/laforetacoeur.ca\/blog\/wp-content\/uploads\/2014\/05\/forest-land_lrg-300x217.png 300w, https:\/\/laforetacoeur.ca\/blog\/wp-content\/uploads\/2014\/05\/forest-land_lrg-414x300.png 414w\" sizes=\"auto, (max-width: 378px) 100vw, 378px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2210\" class=\"wp-caption-text\">Les terrains forestiers au Canada en 2001 (<a href=\"https:\/\/nfi.nfis.org\/canfi.php?lang=fr&amp;page=maps2\" target=\"_blank\">Source<\/a>: Inventaire forestier national du Canada)<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cette chronique devait \u00eatre simple, soit faire un compte-rendu du livre <em>Histoire foresti\u00e8re du Canada<\/em> de M. Gilbert Paill\u00e9; un livre de plus de 400 pages publi\u00e9 en 2012 aux \u00e9ditions <em>Les Publications du Qu\u00e9bec<\/em>. Si je dis \u00ab\u00a0simple\u00a0\u00bb, c\u2019est que j\u2019ai de <a title=\"Comptes-rendus de livres\" href=\"http:\/\/laforetacoeur.ca\/blog\/themes\/compte-rendu\/livres\/\" target=\"_blank\">l\u2019exp\u00e9rience dans cet exercice<\/a>\u00a0et que la structure de ce type de chronique est presque \u00ab\u00a0pr\u00e9format\u00e9e\u00a0\u00bb dans mon esprit. Le gros de l\u2019effort est donc de lire le livre et de prendre de bonnes notes! Mais voil\u00e0, je ne suis pas tomb\u00e9 sur un cas simple\u2026 Et pour ajouter un coefficient de difficult\u00e9, je vous pr\u00e9senterai dans un deuxi\u00e8me temps une autre r\u00e9f\u00e9rence sur le sujet: <em>Canada Forests: a history<\/em> (2003).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les lecteurs moindrement r\u00e9guliers de <em>La For\u00eat \u00e0 C\u0153ur<\/em> verront dans ce d\u00e9lai entre ces publications et ce compte-rendu, qu\u2019une part de l\u2019ADN de ce blogue! Et comme vous pouvez l\u2019anticiper, cette chronique sera un peu plus longue que d\u2019habitude\u2026 mais c\u2019est ma 100<sup>e<\/sup>!<!--more--><\/p>\n<h3>Une mine de renseignements\u2026 difficilement utilisable<\/h3>\n<div id=\"attachment_2216\" style=\"width: 268px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"http:\/\/laforetacoeur.ca\/blog\/wp-content\/uploads\/2014\/05\/HistoireForestiereCanada.png\" target=\"_blank\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2216\" class=\" wp-image-2216 \" style=\"border: 1px solid black;\" src=\"http:\/\/laforetacoeur.ca\/blog\/wp-content\/uploads\/2014\/05\/HistoireForestiereCanada.png\" alt=\"Photo: E. Alvarez\" width=\"258\" height=\"262\" srcset=\"https:\/\/laforetacoeur.ca\/blog\/wp-content\/uploads\/2014\/05\/HistoireForestiereCanada.png 536w, https:\/\/laforetacoeur.ca\/blog\/wp-content\/uploads\/2014\/05\/HistoireForestiereCanada-295x300.png 295w\" sizes=\"auto, (max-width: 258px) 100vw, 258px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2216\" class=\"wp-caption-text\">Photo: E. Alvarez<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Avec son <em>Histoire foresti\u00e8re du Canada<\/em>, l\u2019auteur souhaitait avant tout fournir aux \u00e9tudiants canadiens en foresterie <em>une mine de renseignements bibliographiques\u00a0sur presque tous les aspects d\u2019int\u00e9r\u00eat politique, social, \u00e9conomique et culturel li\u00e9s \u00e0 la for\u00eat et aux pratiques foresti\u00e8res au cours des cinq cents derni\u00e8res ann\u00e9es<\/em>. Un objectif \u00e0 la fois g\u00e9n\u00e9reux et ambitieux! Et avec ses 593 r\u00e9f\u00e9rences, l\u2019auteur atteint assur\u00e9ment son objectif quantitativement. Le probl\u00e8me de fond toutefois, est que cette somme de r\u00e9f\u00e9rences est difficilement utilisable.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cela peut para\u00eetre un aspect technique pour certains, mais c\u2019est un \u00e9l\u00e9ment fondamental pour moi, surtout pour un livre d\u2019histoire de plus de 400 pages: il n\u2019y a pas d\u2019index! Ce livre s\u2019annonce comme une r\u00e9f\u00e9rence et vous devriez pouvoir vous poser des questions pr\u00e9cises et esp\u00e9rer que le livre y r\u00e9ponde, ou \u00e0 tout le moins vous donne des pistes de r\u00e9ponse. Mais, le probl\u00e8me, c\u2019est que sans index, il devient impossible de trouver une information pr\u00e9cise ou la contribution d\u2019un personnage historique. Et la Table des mati\u00e8res ne vous sera que de peu de secours (ce n\u2019est d\u2019ailleurs pas son r\u00f4le).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour rep\u00e9rer des informations sp\u00e9cifiques, votre meilleur fil d\u2019Ariane va \u00eatre ici la liste des Tableaux et Figures (pages 403-404). Le r\u00e9sultat est toutefois in\u00e9gal et laisse globalement sur notre faim. Si j\u2019ai appr\u00e9ci\u00e9 certains Tableaux comme <em>L\u2019\u00e9volution de la possibilit\u00e9 foresti\u00e8re au Qu\u00e9bec entre 1970 et 2006<\/em> (p. 187), pour plusieurs une mise \u00e0 jour aurait \u00e9t\u00e9 n\u00e9cessaire avant l\u2019\u00e9dition et les donn\u00e9es apparaissent souvent comme de simples \u00e9ph\u00e9m\u00e9rides choisies de fa\u00e7on plus ou moins al\u00e9atoire. Par exemple, il y a un Tableau sur <em>Les fluctuations du prix des produits forestiers (1993 \u2014 1999)<\/em> (p. 95) et <em>Les stocks de mati\u00e8re ligneuse au Canada en 1991<\/em> (p. 172). En fouillant un peu dans le texte, on peut trouver la liste des dix plus grandes compagnies de p\u00e2tes et papiers au Canada\u2026 en 1998 (p. 312). On s\u2019attendrait d\u2019un document aussi ambitieux qu\u2019il fournisse la meilleure mise en contexte possible avec les donn\u00e9es les plus \u00e0 jour au moment de sa publication.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00c0 cet \u00e9gard, un cas o\u00f9 je me suis particuli\u00e8rement dit \u00ab\u00a0dommage\u00a0\u00bb est celui du Tableau<em> L\u2019\u00e9volution du nombre d\u2019usines de p\u00e2tes et papiers au Qu\u00e9bec (1864 \u00e0 1933)<\/em> (p. 316). Un rapport de recherche intitul\u00e9 <a title=\"Survol de l\u2019\u00e9volution de l\u2019industrie des p\u00e2tes et papiers au Qu\u00e9bec 1805-2011\" href=\"http:\/\/shfq.ca\/gilbertjp\" target=\"_blank\"><em>Survol de l\u2019\u00e9volution de l\u2019industrie des p\u00e2tes et papiers au Qu\u00e9bec 1805-2011<\/em><\/a>\u00a0(auteur: M. Jean-Paul Gilbert) a \u00e9t\u00e9 diffus\u00e9 par voie \u00e9lectronique par la Soci\u00e9t\u00e9 d\u2019Histoire Foresti\u00e8re du Qu\u00e9bec (SHFQ) la m\u00eame ann\u00e9e que le livre de M. Paill\u00e9. Je ne peux m\u2019emp\u00eacher de noter qu\u2019il y a certainement eu l\u00e0 une occasion d\u2019arrimage manqu\u00e9 entre M. Paill\u00e9 et la SHFQ qui aurait b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 \u00e0 tous (\u00e0 noter que les donn\u00e9es de cette \u00e9tude ont \u00e9t\u00e9 <a title=\"Carte interactive SHFQ\" href=\"http:\/\/www.shfq.ca\/Cartes\/Carte-Capitale-Nationale\/\" target=\"_blank\">g\u00e9or\u00e9f\u00e9renc\u00e9es<\/a> pour la Capitale Nationale).<\/p>\n<h3>Une histoire sous forme de dictionnaire-\u00e9ditorial<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\">Avez-vous d\u00e9j\u00e0 essay\u00e9 de lire un dictionnaire comme un roman? C\u2019est-\u00e0-dire partir de la lettre \u00ab\u00a0a\u00a0\u00bb et lire les entr\u00e9es et leurs d\u00e9finitions une \u00e0 la suite de l\u2019autre? C\u2019est une exp\u00e9rience que l\u2019on peut facilement imaginer d\u00e9sagr\u00e9able\u2026 et qui s\u2019apparente \u00e0 celle que j\u2019ai v\u00e9cue en lisant ce livre. Ce dernier est structur\u00e9 dans son ensemble comme une histoire depuis l\u2019\u00e9poque am\u00e9rindienne \u00e0 aujourd\u2019hui, mais sans trame narrative. Il est de fait tr\u00e8s difficile de garder le fil en passant d\u2019un paragraphe \u00e0 l\u2019autre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Tout d\u2019abord, les paragraphes sont trop souvent compos\u00e9s de phrases peu li\u00e9es entre elles et, fr\u00e9quemment, ils se suivent sans que l\u2019on comprenne le lien logique entre eux. Un premier exemple qui m\u2019a particuli\u00e8rement frapp\u00e9, car on le retrouve tout au d\u00e9but du livre:<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">(<em>Chapitre 1. L\u2019\u00e9poque am\u00e9rindienne<\/em> <em>\u2014<\/em> <em>avant 1534,<\/em>\u00a0section: <em>Un territoire \u00e0 poss\u00e9der,<\/em> p.6)<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les Am\u00e9rindiens v\u00e9curent en harmonie avec la nature pendant qu\u2019ailleurs sur terre on inventait le papyrus, le crayon, le papier, les livres (Tableau 1.3), les journaux, la montre de poche et m\u00eame le savon et qu\u2019en Europe de l\u2019Ouest, la surutilisation des for\u00eats cr\u00e9ait une grande p\u00e9nurie de bois. \u00c0 compter de l\u2019an 1000, plus de 40 rois se succ\u00e9d\u00e8rent sur les tr\u00f4nes de France et d\u2019Angleterre, et les protestants commenc\u00e8rent \u00e0 affronter les catholiques. La France imagina un ing\u00e9nieux syst\u00e8me seigneurial de possession du sol et la Joconde esquissa pour la premi\u00e8re fois son fameux sourire.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">C\u2019est l\u2019int\u00e9gralit\u00e9 du dernier paragraphe du chapitre 1, d\u2019un total de cinq pages, sur l\u2019\u00e9poque am\u00e9rindienne. C\u2019est aussi le seul paragraphe de la section <em>Un territoire \u00e0 poss\u00e9der<\/em>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Un autre exemple tir\u00e9 de la sous-section <em>L\u2019\u00e9valuation de la possibilit\u00e9 foresti\u00e8re dans le Monde<\/em> (p. 183):<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">Sur le plan mondial, l\u2019offre biologique des for\u00eats non constitu\u00e9es en r\u00e9serves en 1996 \u00e9tait \u00e9gale \u00e0 3 milliards de m\u00e8tres cubes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En 2002, la World Wildlife Foundation (WWF) publia un rapport dans lequel elle comparait l\u2019empreinte foresti\u00e8re (forest footprint) de presque tous les pays de la terre. La grandeur de cette empreinte repr\u00e9sentait la superficie n\u00e9cessaire pour produire tous les produits forestiers que le pays consommait. On y reconnaissait que les pays qui avaient la plus large empreinte (Finlande: 2,4 ha\/personne; Su\u00e8de: 1,4; \u00c9tats-Unis: 1,3; Canada:1,2) \u00e9taient ceux qui poss\u00e9daient les plus larges for\u00eats.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ce sont int\u00e9gralement les deux seuls paragraphes de cette sous-section.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Par ailleurs, l\u2019histoire est souvent trop r\u00e9sum\u00e9e et pr\u00e9sent\u00e9e \u00ab\u00a0selon M. Gilbert Paill\u00e9\u00a0\u00bb. Parmi les exemples qui m\u2019ont le plus marqu\u00e9, il y a la pr\u00e9sentation du Canada comme un pays b\u00e2ti par \u00ab\u00a0trois peuples fondateurs\u00a0\u00bb, soit les francophones, les anglophones et les nations autochtones. C\u2019est un point qui m\u00e9riterait une argumentation, car j\u2019ai de s\u00e9rieux doutes que les Premi\u00e8res Nations appuient cette perception. Il n\u2019y a toutefois aucun doute dans le texte qui le pr\u00e9sente comme un fait.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Si je m\u2019attarde aux enjeux plus sp\u00e9cifiquement forestiers, la situation est la m\u00eame. Encore ici, quelques exemples qui m\u2019ont particuli\u00e8rement frapp\u00e9. Un premier concernant l\u2019av\u00e8nement du concept d\u2019am\u00e9nagement \u00e9cosyst\u00e9mique aux \u00c9tats-Unis (p. 122):<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">Aux \u00c9tats-Unis, Dale Robertson, le chef du service forestier am\u00e9ricain, lan\u00e7a le concept d\u2019am\u00e9nagement \u00e9cosyst\u00e9mique pour les for\u00eats nationales dans le but avou\u00e9 d\u2019\u00e9liminer les coupes \u00e0 blanc; le pr\u00e9sident George H. W. Bush [note: c\u2019est bien le p\u00e8re!] devait annoncer la nouvelle au monde entier \u00e0 Rio en juin 1992, m\u00eame si ce concept n\u2019\u00e9tait pas encore tr\u00e8s bien d\u00e9fini.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">C\u2019est tout ce que vous saurez sur l\u2019av\u00e8nement d\u2019un concept qui devait d\u00e9finir la politique foresti\u00e8re des \u00c9tats-Unis pendant plus d\u2019une d\u00e9cennie et traverser la fronti\u00e8re pour \u00eatre aujourd\u2019hui au c\u0153ur de la politique foresti\u00e8re du Qu\u00e9bec. Pour avoir lu une version \u00ab\u00a0longue\u00a0\u00bb de l\u2019histoire, disons que c\u2019est tr\u00e8s tr\u00e8s r\u00e9sum\u00e9. Beaucoup trop en fait pour l\u2019importance du concept. Mais l\u2019auteur n\u2019en est pas un adepte et on le comprend clairement trois paragraphes plus loin:<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">En 1999, il existait un nouveau concept d\u2019am\u00e9nagement \u00e9cosyst\u00e9mique que l\u2019on pouvait assimiler \u00e0 la conservation biologique. [\u2026] L\u2019utilisation humaine du territoire venait donc en dernier lieu, apr\u00e8s tout le reste. Les gens n\u2019\u00e9taient rien de plus qu\u2019une autre esp\u00e8ce animale et seraient trait\u00e9s comme telle!<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">La section sur l\u2019am\u00e9nagement \u00e9cosyst\u00e9mique se finit sur l\u2019usage de ce concept au Qu\u00e9bec et sur ce paragraphe (page 125):<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">En 2006, le forestier en chef devint le d\u00e9fenseur de quelques projets d\u2019envergure destin\u00e9s \u00e0 v\u00e9rifier le concept de l\u2019am\u00e9nagement \u00e9cosyst\u00e9mique en Mauricie, mais la grande majorit\u00e9 des ing\u00e9nieurs forestiers n\u2019en connaissait pas encore la vraie signification ni les cons\u00e9quences de son application \u00e0 grande \u00e9chelle.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">Point \u00e9tonnant, c\u2019est la r\u00e9f\u00e9rence la plus r\u00e9cente au Qu\u00e9bec m\u00eame si la Loi qui a int\u00e9gr\u00e9 l\u2019am\u00e9nagement \u00e9cosyst\u00e9mique dans notre politique foresti\u00e8re a \u00e9t\u00e9 adopt\u00e9e en 2010 et que le livre a \u00e9t\u00e9 \u00e9dit\u00e9 en 2012.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Sur un th\u00e8me apparent\u00e9, l\u2019auteur, qui a une tr\u00e8s longue carri\u00e8re de forestier, n\u2019appr\u00e9cie visiblement pas les environnementalistes et le livre semble une occasion pour r\u00e9gler ses comptes. Par exemple, dans le Sommaire de la section <em>La protection de l\u2019Environnement<\/em> (pages 259-260):<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les ap\u00f4tres de la nature comme David Suzuki et certains artistes populaires comme Brigitte Bardot [\u2026] et Richard Desjardins commenc\u00e8rent \u00e0 accumuler des faveurs politiques en d\u00e9non\u00e7ant les pratiques d\u2019utilisation des ressources fauniques et foresti\u00e8res canadiennes les plus courantes.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">[\u2026]<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour montrer sa bonne foi, le Canada eut beau signer toutes les conventions internationales possibles [\u2026], rien n\u2019arr\u00eata la machine \u00e0 broyer sa comp\u00e9titivit\u00e9.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">Plus loin, le seul paragraphe de la sous-section <em>Le commerce ext\u00e9rieur et int\u00e9rieur des principaux produits forestiers dans le monde<\/em> (p. 343):<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">Selon Greenpeace, le commerce mondial des produits forestiers \u00e9tait fond\u00e9 sur des pratiques qui d\u00e9truisaient l\u2019environnement et la soci\u00e9t\u00e9. En l\u2019an 2000, ces produits avaient une valeur de 150 milliards de dollars.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le probl\u00e8me est que ce type d\u2019\u00e9ditorial, trop fr\u00e9quent, enl\u00e8ve beaucoup de cr\u00e9dibilit\u00e9 \u00e0 un livre qui se veut une r\u00e9f\u00e9rence.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Et quand il n\u2019y a pas d\u2019aspects \u00e9ditoriaux, l\u2019histoire est pr\u00e9sent\u00e9e comme une suite d\u2019\u00e9ph\u00e9m\u00e9rides\u2026 bien souvent sans un ordre chronologique \u00e9vident. Un exemple tr\u00e8s court d\u2019\u00e9ph\u00e9m\u00e9ride, soit l\u2019unique phrase de la sous-section <em>Le d\u00e9veloppement des principales industries foresti\u00e8res et du commerce forestier aux \u00c9tats-Unis \u2014 Les poteaux de t\u00e9l\u00e9phone<\/em> (p. 282):<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">Apr\u00e8s la Premi\u00e8re Guerre mondiale, on installait 2 millions de poteaux de t\u00e9l\u00e9phone en bois par an.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">C\u2019est tout. Il n\u2019y a pas de mise en contexte plus large.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En conclusion, consid\u00e9rant la difficult\u00e9 \u00e0 lire le texte, que beaucoup de donn\u00e9es repr\u00e9sentent de simples \u00e9ph\u00e9m\u00e9rides sans mise en contexte avec les donn\u00e9es les plus \u00e0 jour et qu\u2019il n\u2019y a pas d\u2019index, il m\u2019est impossible de recommander ce livre dans sa forme actuelle. Au b\u00e9n\u00e9fice de la culture foresti\u00e8re, je souhaite toutefois bien sinc\u00e8rement qu\u2019il y ait une seconde \u00e9dition, mais sous la forme d\u2019un dictionnaire encyclop\u00e9dique (plus adapt\u00e9, \u00e0 l\u2019\u00e9vidence, au style de l\u2019auteur), avec des mises en contexte int\u00e9grant les donn\u00e9es les plus \u00e0 jour possible et sans \u00e9ditoriaux.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">******<\/p>\n<h2 style=\"text-align: left;\"><span style=\"font-size: 18px;\"><em><a href=\"http:\/\/laforetacoeur.ca\/blog\/wp-content\/uploads\/2014\/05\/CanadasForests_cover.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-2211\" src=\"http:\/\/laforetacoeur.ca\/blog\/wp-content\/uploads\/2014\/05\/CanadasForests_cover.png\" alt=\"CanadasForests_cover\" width=\"170\" height=\"254\" \/><\/a><\/em><\/span><\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\">J\u2019avais d\u00e9j\u00e0 lu <em><a title=\"Canada Forests: a history\" href=\"http:\/\/www.foresthistory.org\/Publications\/Issues\/canforests.html\" target=\"_blank\">Canada Forests: a history<\/a><\/em>, un petit livre de moins de 100 pages de M. Ken Drushka publi\u00e9 en 2003 par la <em>Forest History Society<\/em>. C\u2019\u00e9tait cependant avant que je commence \u00e0 faire des comptes-rendus de livres!<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le relisant, j\u2019ai pu constater que la premi\u00e8re grande qualit\u00e9 de ce livre est que vous pouvez l\u2019ouvrir \u00e0 n\u2019importe quelle page et \u00ab\u00a0accrocher\u00a0\u00bb \u00e0 sa trame narrative, l\u2019auteur \u00e9tant \u00e0 l\u2019\u00e9vidence un bon conteur. Aussi, l\u2019auteur a su s\u2019effacer pour donner toute la vedette \u00e0 l\u2019histoire qu\u2019il racontait.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La deuxi\u00e8me grande qualit\u00e9 de ce livre est de bien mettre en perspective l\u2019origine de d\u00e9bats forestiers qui ont encore cours aujourd\u2019hui. Vous y d\u00e9couvrirez, entre autres, que la \u00ab\u00a0conservation\u00a0\u00bb des for\u00eats a pendant longtemps \u00e9t\u00e9 synonyme de protection contre les feux\u2026 et contre la colonisation. Les industriels forestiers \u00e9taient alors aux premi\u00e8res loges de la \u00ab\u00a0conservation\u00a0\u00bb des for\u00eats! Si les enjeux qui sont pr\u00e9sent\u00e9s dans ce livre recoupent souvent ceux du livre pr\u00e9c\u00e9dent, sa forme, son style, le rendent cependant infiniment plus accessible\u2026 et il y a un index!<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Canada Forests: a history<\/em> n\u2019a pas les m\u00eames ambitions qu\u2019<em>Histoire foresti\u00e8re du Canada<\/em>. Les sp\u00e9cialistes trouveront assur\u00e9ment tr\u00e8s limit\u00e9es les informations et r\u00e9f\u00e9rences disponibles. C\u2019est toutefois l\u00e0 un parfait petit livre pour les simples amateurs d\u2019histoire foresti\u00e8re ou pour des \u00e9tudiants en foresterie.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Cette chronique devait \u00eatre simple, soit faire un compte-rendu du livre Histoire foresti\u00e8re du Canada de M. Gilbert Paill\u00e9; un livre de plus de 400 pages publi\u00e9 en 2012 aux \u00e9ditions Les Publications du Qu\u00e9bec. Si je dis \u00ab\u00a0simple\u00a0\u00bb, c\u2019est <span class=\"excerpt-dots\">&hellip;<\/span> <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/laforetacoeur.ca\/blog\/histoire-forestiere-canada-suivent-ressemblent-pas\/\"><span class=\"more-msg\">Lire la suite<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[294,396,397,284,290],"tags":[142,69],"class_list":["post-2207","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-canada-autres","category-comptes-rendus","category-de-livres","category-histoire-forestiere-du-quebec","category-quebec","tag-amenagement-ecosystemique","tag-histoire"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/laforetacoeur.ca\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2207","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/laforetacoeur.ca\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/laforetacoeur.ca\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/laforetacoeur.ca\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/laforetacoeur.ca\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2207"}],"version-history":[{"count":17,"href":"https:\/\/laforetacoeur.ca\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2207\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3549,"href":"https:\/\/laforetacoeur.ca\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2207\/revisions\/3549"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/laforetacoeur.ca\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2207"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/laforetacoeur.ca\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2207"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/laforetacoeur.ca\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2207"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}